Simon Laganière
Samedi soir de semaine
(Grosse boîte)

Le 23 mars marque le moment où le Mario des Frères Goyette, Simon Laganière de son vrai nom, a démarré sa carrière solo avec l’album Samedi soir de semaine.

Comme le style des Frères Goyette est plutôt humoristique (il faut se rappeler que le projet a démarré à Cégeps en spectacle), je m’attendais à un album plus mature pour le premier album solo de Simon. C’est effectivement le cas, mais Simon semble avoir gardé son coeur d’adolescent avec ses jeux de mots et ses métaphores drôles et ficelées de manière intelligente. Ma chanson préférée parmi les 9 sur cet album, Cupcake Molotov, commence d’ailleurs avec la phrase Goddamn, cette danse en ligne est kamikaze et le dernier paragraphe va comme suit:

« Moi qui voulais seulement voler un smile
À la blague, j’ai mis le feu au centre de table
Et la flamme est haute
Mon humour est un cupcake Molotov
Mon amour est un cupcake Molotov
Tout dérape, sous mon cupcake Molotov
En boisson, je suis un cupcake Molotov »

N’est-ce pas magnifique? Bien qu’il est le maître des tournures de phrases à plusieurs sens, on retrouve aussi dans Trou noir un beau délire instrumental.

Comme avec ses courts-métrages, Simon aime raconter des histoires. Cet album ne fait pas exception. L’album en soit est une aventure de la première à la dernière chanson, dans le sens où il n’y a aucune coupure entre les pièces, seulement des intermèdes à la fin et au début qui donne un fil conducteur au travail de Simon. J’ai l’impression d’être à côté de lui avec le vent qui souffle fort pendant qu’il raconte chaque chanson, comme une portion de vie des gens bien ordinaires. Les chansons El Capitan Darwin, Carte pleine et Grizzly de taille sont aussi remplies de bijoux au niveau du texte.

Le côté brut de ses mélodies et sa voix claire donnent un aspect tellement vrai à ses chansons que c’est facile de se projeter dans son univers. Son style parfois rock et parfois plus fragile me fait penser à un mélange entre Fred Fortin et Mara Tremblay.

Pour réaliser cet album, Simon Laganière s’est très bien entouré. L’album a bénéficié du talent de Matthieu Beaumont (Tricot machine, Catherine Leduc), pour remanier son travail, puis a été mixé par Julien Mineau (Malajube, Fontarabie). Ses musiciens, qui je l’espère l’accompagneront en tournée, sont Dominic Desjardins (Bernard Adamus, Jazz Street Boys) à la guitare électrique, Benoît Coulombe (Bernard Adamus, Benoît Paradis Trio) à la basse et à la contrebasse, Gabriel Lemieux-Maillé (Annick Granger) à la batterie et Catherine Leduc aux chœurs.

 

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