Dimanche matin le 18 mars, Jacques et moi-même sommes allés bruncher chez Laura Lefebvre et son coloc André. Jacques avait déjà mangé, mais bon… Laura se chargeait de l’omelette et du pain, et moi, du matériel nécessaire pour les mimosas. Tout en savourant le seul drink alcoolisé socialement acceptable de boire le matin, je lui ai posé quelques questions sur son parcours en vue du lancement de son EP qui aura lieu jeudi prochain, le 22 mars, au District Saint-Joseph dans le cadre des Apéros FEQ (et c’est gratuit!).

L’omelette est servie, les verres de mimosa sont prêts : on peut commencer.

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

LS : Toi, Laura, t’es une fille de brunch. Qu’est ce que tu trouves attrayant dans l’histoire du brunch? Est-ce que ce sont les petites patates qui t’enthousiasment?

Laura : Moi, je suis une fille de brunch, on va se le dire. C’est sûr que lorsqu’il y a les petites patates, le brunch trouve sa vraie définition. Mais là, ce matin, y’en a pas, mais on a du mimosa à la place. C’est soit le mimosa, soit les petites patates, et quand t’as les deux, t’es vraiment chanceux. Pour moi, le brunch, c’est quelque chose d’important de faire au moins une fois par mois avec de la famille et des amis.

LS : Pourrais-tu te présenter un peu pour ceux et celles qui ne te connaissent pas déjà?

Laura : Laura Lefebvre, ça a parti de pas grand-chose. J’ai grandi en Beauce, j’avais fait de la musique auparavant, mais jamais rien de concret. Ça faisait longtemps que j’écrivais mes questions, et un jour, j’ai rencontré Pier-Emmanuel Beaudoin, qui est un drummer pour Gab Shonk, etc. Je lui ai dit : « Je veux aller à Québec et faire de la musique à Québec. » Lui, étant déjà dans des cercles de musiciens, y’a dit : « Crime, je veux entendre tes affaires, et s’il y a une place pour toi, ben, on va te la donner. » Je lui ai fait entendre des chansons, et il a vraiment aimé. Il m’a dit que j’allais travailler avec Dragosh, on va te trouver une équipe et tout ça. Moi, je m’attendais à aller jouer dans les bars, mais c’est pas ça qui s’est passé. J’ai ensuite développé mon projet et j’ai rassemblé plusieurs chansons aux thèmes similaires pour créer mon projet. Et me voici!

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

LS : On pourrait dire que c’est vraiment ta rencontre avec PE qui t’as introduite au milieu?

Laura: OUI, parce que je suis arrivée à Québec et je ne connaissais personne. Ce serait peut être arrivé, mais pas aussi vite. Je suis vraiment chanceuse de vivre tout ça à 20 ans et de pouvoir travailler mon projet avec des professionnels.

LS : On a vu d’ailleurs avec qui tu travailles pour ton premier EP, et ton équipe est impressionnante!

Laura : PE m’a introduite à son cercle de musiciens, et je travaille aujourd’hui avec des musiciens incroyables. Sur le EP, j’ai travaillé avec Simon Pedneault et PE Beaudoin à la coréalisation. Aux claviers, c’est Gabriel Desjardins. À la guitare, c’est Simon, et surtout Joey Proteau, qui a entre autres écrit une des chansons du EP et qui m’a aidée pour plusieurs mélodies. C’est mon équipe de EP.

Sinon, en spectacle, ce n’est pas les mêmes musiciens. J’aurais aimé ça, mais ils sont partout, ces gars-là! Au District, il y aura Olivier Beaulieu à la batterie, Joey Proteau à la guitare, Marco Noël à la basse et Olivier Bresse aux claviers. C’est mon équipe de p’tits gars.

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

LS : Pourquoi t’as décidé de te lancer en musique?

Laura : Depuis que je suis vraiment petite, je vois des spectacles et je me disais : « Un jour, ça va être moi. » Je sais que c’est vraiment quétaine, la petite fille qui rêve de chanter. Quand j’ai commencé à écrire, je me suis dit que j’avais peut-être quelque chose à dire. En fait, j’ai connu PE en Beauce, et c’est un peu à cause de lui si je suis venue à Québec. Mon père fait de la musique, mon frère est musicien de profession. Ils ont vraiment été des inspirations pour moi. Je sais depuis longtemps que c’est ce que je veux faire.

LS : Je sais que tu fais du théâtre, aimerais-tu pousser un peu ce domaine?

Laura : Vraiment, oui. En ce moment, je fais une mise en scène dans une école secondaire, mais j’ai vraiment envie de rejouer. C’est sûr que le théâtre fait partie de ma vie, et j’aimerais l’inclure dans mon parcours.

(On se ressert du mimosa)

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

LS : Tu dis que tu parles d’intimidation dans tes textes. Pourquoi avoir décidé d’aborder ce sujet?

Laura : C’est un sujet qui me touche beaucoup parce que c’est quelque chose qu’on voit dans la vie de tous les jours, mais qu’on ne  porte pas attention. Ça peut juste être un petit geste qui peut marquer quelqu’un. Mon EP parle beaucoup des humains et des agissements de la société. J’ai regardé le monde qui m’entourait et j’ai écrit ce que j’observais. Mais ça, c’est un gros problème. L’intimidation, ce n’est pas tout le temps gros, comme quelqu’un qui se fait vraiment « basher » tout le temps. C’est plus souvent des petites affaires. En fait, je trouve qu’on ne se fait pas attention, plus que de l’intimidation. C’est à cause de ça que j’ai écrit Violence. C’est plus de la violence verbale qu’on voit à tous les jours.

Ça paraît full deep et sérieux, mais comment on a arrangé la musique, ça apporte un côté plus lumineux. Souvent, quand je parle de mon EP, les gens trouvent les sujets vraiment dark et sérieux, mais justement, les mélodies et les arrangements qu’on a travaillés apportent quelque chose de plus lumineux pour signifier qu’à quelque part, il y a un espoir qu’un jour, ce sera plus ça, la vie.

LS : Tu disais que tu as grandi en Beauce, as-tu senti qu’il y avait du monde qui ne comprenait peut-être pas ce que tu étais déjà à cette époque-là?

Laura : Je trouve qu’ils ont toujours été ouvert à ce que j’étais. Mais c’est sûr qu’il y avait de l’incompréhension. La scène underground n’est pas très développée en Beauce, et les gens sont plus habitués à ce qui est large, qui est générique. Quand j’arrive avec ma musique qui est vraiment différente avec des textures étranges et des textes profonds, je sens que ça dérange un peu. Les gens me disent souvent : « Tu fais de la musique et tu n’es pas allée à la Voix? Tu ne passes pas à la radio? » Il y a cette incompréhension du milieu qui existe, et c’est normal, car ils n’y sont pas exposés. Au secondaire aussi, j’étais un peu incomprise. Ma bonne amie et moi, on trippait sur le théâtre et on était étiquetées « artistes ». Aujourd’hui, les gens de mon coin sont curieux de mon parcours et me félicitent pour ce que j’accomplis.

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

LS : Lundi passé, tu as fait les Francouvertes, comment ça s’est passé pour toi?

Laura : C’était vraiment une belle expérience. C’était mon deuxième show full band, j’aurais aimé ça prendre le temps de roder mon show, faire les Francouvertes et être d’attaque. Vu que ça ne s’était pas fait, je ne m’attendais pas à une super belle position au classement. Ça a vraiment été une grosse expérience. J’allais là pour rencontrer les gens, vivre les Francouvertes, montrer ma musique à Montréal. Ma musique a vraiment été bien reçue. Je suis curieuse de voir, si je le refais dans trois ans, où je vais être rendue dans tout ça, je pense que ça va être mieux. C’est sûr que mon projet est nouveau, c’est un bébé-projet nouveau. Je suis allé là pour chercher une critique pour me « challenger » moi-même.
Il reste de l’omelette si vous en voulez.

LS : As-tu un fantasme de collaboration artistique?

Laura : Oui… je trippe vraiment sur Klô Pelgag. Je ne sais pas si ça marcherait, mais depuis que son projet a commencé que je la suis et que je trippe sur ce qu’elle fait. Sa musicalité et son cerveau, je trouve qu’elle a vraiment quelque chose de capoté dans la tête. Ce serait mon beau rêve de petite fille. Sinon à l’international, Céline… c’est sûr. Un single Céline et Laura Lefebvre…

(On se ressert encore du mimosa)

Jacques : Le but, c’est pas nécessairement de mettre ses invités sur la brosse un dimanche matin…

Oups. Dimanche matin, on fait la fête.

 

LS : C’est maintenant l’heure des questions éclair!

Laura : Oh…

LS : Si tu étais un Beatles, lequel serais-tu?

(il est important de savoir que Laura trippe sur les Beatles)

Laura :
 John Lennon.

LS : Si ta musique était un film, lequel serait-elle?

Laura Lefebvre – Photo : Jacques Boivin

Laura : Y’a trop de films dans le monde… je peux-tu faire un appel?

(mime le téléphone avec André à ses côtés)

Oui, allô? J’aurais besoin d’aide pour cette question…

André : Avez-vous pensé au Titanic?
Laura : Je vais y aller avec le Titanic.

LS : Café ou thé?
Laura : Café.

LS : Saint-Joseph ou Saint-Jean?
Laura : Saint-Joseph.

LS : Vin ou bière?
Laura : Bière.

LS : Eau plate ou eau pétillante?
Laura : Eau plate, chuis plate de même.

LS : Cassette ou vinyle?
Laura : Vinyle.

LS : Musique classique ou jazz?
Laura : Jazz.

On est alors sorti de table ayant bien mangé et bien bu (on a été raisonnable, tout de même), On s’est fait la bise et on a souhaité à Laura de passer un très bon moment jeudi pour son lancement d’album (manquez pas ça!).

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