Ce samedi, Suuns venait présenter son nouvel album à Québec. Difficile de choisir meilleure soirée pour découvrir la Source de la Martinière. La salle de Limoilou qui verra probablement de plus en plus d’artistes fouler ses planches avec la triste fermeture du Cercle s’avère une belle place pour assister à des concerts. Il y avait d’ailleurs une belle ambiance pour l’arrivée du quatuor montréalais. Avec un solide nouvel album à défendre et une discographie grandissante, il était intrigant de voir ce que le groupe aurait à offrir à son public.
Le groupe a lancé son concert avec Alt-X, une pièce soutenue par un riff frénétique et la voix quasi métallique de Ben Shemie, tout ça grâce au vocodeur. Les musiciens ont ensuite enchaîné avec la lumineuse Watch You, Watch Me, rare incursion dans des sonorités moins étouffantes; le travail à la batterie de Liam O’Neill étant spécialement envoûtant. L’excellente Baseline, un coup de coeur parmi les nouvelles pièces, a complété le trio de nouvelles chansons en ouverture. Le groupe a ensuite offert à son public un efficace enchaînement de grosses pointures avec les immenses Instrument, 2020, Powers of Ten et Translate. La foule était maintenant conquise, et ils ont poursuivi la présentation de l’album Felt, pour finir le tout avec une enivrante prestation de Pie IX, pièce culte issue de leur premier disque. Le groupe est revenu sur scène présenter mon coup de coeur de la soirée : Look No Further, première pièce du nouveau disque au groove extrêmement efficace, affublée de sonorités aux accents moyen-orientaux. Ensuite Armed For Peace, introduction au groupe de quiconque les a découverts avec leur premier disque, a été performée avec puissance, une charge brutale contre nos tympans. La dernière pièce, Materials, est une autre pièce mémorable du tout nouvel opus.
Au final, le groupe a une cohésion plus grande que jamais, tout le monde prenant sa place sans jamais jeter de l’ombre à ses confrères. Lorsqu’on se permet de présenter autant de nouveau matériel dans une soirée, c’est soit qu’on a des auditeurs polis ou que le tout est d’une qualité incroyable. Pas que la foule était impolie, loin s’en faut, je choisirais tout de même la seconde option.

En première partie, Freak Heat Wave est venu présenter un post-punk quelque peu oubliable. Le groupe manque de présence sur scène, et si certaines chansons étaient intéressantes, le tout manque d’assurance et d’originalité. Ils ont donc fait leur travail de façon acceptable, sans toutefois soulever la foule présente qui attendait vraisemblablement la pièce de résistance.

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