Samedi dernier, l’Impérial Bell a accueilli le duo Milk & Bone dans le cadre de ses Nuits FEQ. Le plus récent album de la paire, Deception Bay, a reçu un accueil plus que favorable (notamment par notre propre équipe), et le public québécois ne s’est pas trop fait prier, puisque l’Impérial était plein au bouchon pour cette petite soirée. Tout ce qu’on souhaitait, c’était une foule pas trop bavarde (c’est raté, du moins pour les premières parties).

Milk & Bone – Photo : Charline Clavier

Paraît que Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne ont travaillé très fort sur les éclairages et la mise en scène. Est-ce pour cette raison que le rideau était baissé avant le début du spectacle? Dès la levée de celui-ci, on a pu voir que les filles prenaient cette tournée au sécieux : on a pu voir que les filles se sont équipées d’un dispositif sophistiqué, à la hauteur des atmosphères créées par les deux jeunes femmes, accueillies en héroïnes.

Surprise, on commence avec une « vieille » chanson, Coconut Water. Les deux filles sont installées côte à côte sur le même plan de travail (on les voyait séparées à leurs débuts), ce qui aide à sentir la forte complicité qui unit Camille et Laurence. Si on aurait pu avoir peur que les filles restent campées derrière leur quincaillerie et se concentrent trop sur ce qu’elles ont à faire en négligeant leur public, ces craintes se sont vite estompées lorsqu’on a vu Laurence mettre son matériel en pilote automatique et aller groover à quelques pas du public pendant que Camille s’occupait du reste. Cette dernière n’a pas tardé à joindre Laurence à l’avant sous les applaudissements de la foule.

En plus de nous présenter plusieurs chansons de Deception Bay, les jeunes femmes nous ont présenté quelques relectures groovy et entraînantes de Little Mourning. D’ailleurs, c’était pas mal le thème de la soirée : groovy et entraînant. Les filles ont laissé de côté quelques-unes de leurs chansons les plus introspectives pour proposer au public de Québec des rythmes langoureux, mais dansants.

Milk & Bone – Photo : Charline Clavier

Le public, lui, était visiblement ravi. Ça s’entendait autant que ça se voyait. Applaudissements à tout rompre à chaque chanson, écoute attentive, les seules voix qu’on entendait pendant les chansons, outre celle de Milk & Bone, c’étaient celles des fans trop heureux de chanter avec le duo. Une vraie communion qui semble avoir ému Camille et Laurence, qui n’ont pas manqué de nous rappeler, chaque fois qu’elles en avaient l’occasion, à quel point elles aimaient jouer ici.

Un magnifique tour de chant exécuté à la perfection par deux geeks avec un coeur gros comme les Plaines (où elles vont être cet été, dans le cadre du FEQ, en première partie de Cyndi Lauper et Lorde).

Si vous avez manqué Milk & Bone, vous aurez la chance de vous reprendre, car Camille et Laurence seront de retour cet automne :
– 18 octobre : Anglicane de Lévis
– 10 novembre : Impérial Bell (présenté par 3 E)

Quant aux Nuits FEQ, elles seront de retour pour une dernière fois cet hiver le 7 avril prochain, alors que l’Impérial Bell accueillera le majestueux Philippe Brach (ainsi que les excellents Mon Doux Saigneur et les très tight et dansants Barry Paquin Roberge. Les billets sont disponibles ici.

Dizzy

Dizzy – Photo : Charline Clavier

La soirée a commencé avec Dizzy, formation d’Oshawa (Ontario) composée des frères Charlie, Alex et Mackenzie Spencer et de la chanteuse Katie Munshaw. Le quatuor suit d’ailleurs Camille et Laurence dans le cadre de leur tournée nord-américaine. Un excellent match, d’ailleurs, car l’atmosphère proposée par Dizzy se rapproche de celle de Milk & Bone, quoiqu’avec un peu plus de guitares.

Katie Munshaw a une voix magnifique et une belle présence, mais certains de ses mouvements semblent mécaniques et ne servent pas tout à fait la chanson. On peut mettre ça sur le compte du manque d’expérience… parce que sérieux, c’est pas mal le seul reproche que je puisse faire à ces jeunes qui ont tout l’avenir devant eux. Leurs chansons sous le thème général de la banlieue viennent toucher un public qui s’y reconnaît… et que dire de leur réappropriation complète de The Suburbs d’Arcade Fire (une chanson que je connais par coeur et que j’ai pourtant eu beaucoup de mal à reconnaître)!

Humans

Humans – Photo : Charline Clavier

Après l’indie pop de Dizzy, c’était au tour de Humans de débarquer avec sa quincaillerie. Le duo vancouverois propose une pop indé électronique très dansante qui s’éloigne un peu des deux autres groupes de la soirée. Si on peut pardonner leur statisme en raison de la quantité impressionnante de matériel devant eux, on doit vous avouer que la prestation se rapprochait parfois un peu trop du DJ set pour que je sois charmé. Au moins, on va donner ça au duo : il n’y avait absolument aucun temps mort. Pas le temps de niaiser, comme dirait l’autre.

Il semble que le public était d’accord avec moi parce qu’hormis quelques personnes motivées à l’avant, qui dansaient comme si leur vie en dépendait, on entendait BEAUCOUP le public par dessus une musique qui jouait quand même fort. Ceux qui me connaissent savent à quel point ça m’horripile, ce manque de discipline de la part du public, mais bon… pour une fois, j’aurais probablement fait de même.

Dans un autre contexte, j’aurais probablement eu le fun de ma vie.