C’est devant un Pantoum plein à craquer que VICTIME et PONCTUATION, deux groupes de rock tout en majuscules de la Vieille-Capitale, ont réalisé leur double lancement. Pour l’occasion, le mur de lumières DEL avait laissé place aux projections organiques et inspirées de Tania B. Lacasse.

 

VICTIME

 Ceux qui cherchaient des émotions fortes ont rapidement été servis avec l’entrée en matière lourde et énergique de VICTIME. Entamant sa prestation avec la septième pièce de leur album, Robot ou humain, le trio n’a pas lésiné sur les dissonances à la guitare, les explorations rythmiques à la batterie et les intonations vocales inusitées. Encore une fois, les musiciens ont démontré leur capacité étonnante à faire une musique expérimentale «qui se danse».

 

VICTIME / Crédit: Marion Desjardins

Cependant, si on arrivait déjà à suivre les musiciens dans leurs délires – et je ne saurais dire pourquoi sauf peut-être en concluant que le rythme aux accents punk est assez soutenu – VICTIME nous a démontré avec sa présentation du long jeu La femme taupe qu’ils savaient aussi captiver leur auditoire. À chaque détour de leur musique, on pouvait être surpris par un changement étonnant du rythme. L’inventivité harmonique du groupe faisait qu’on les sentait toujours à côté, mais qu’ils nous amenaient quand même quelque part. Les mélodies déconstruites et éclatées nous rentraient dedans tout en dévoilant l’univers étrange et dystopique de Laurence Gauthier-Brown, qui nous racontait par exemple sur Brocher un doigt les péripéties de ses accidents quotidiens ou son malaise devant les médecins. En ajoutant à tout cela la participation ponctuelle de Frédérique Anne Desmarais au saxophone (sur le disque, c’est plutôt Linsey Wellman qu’on peut entendre), je crois qu’on pourrait à juste titre qualifier leur album de free rock.

Suscitant non sans raison l’enthousiasme de leur public, VICTIME a terminé son lancement avec une nouvelle pièce inédite, Dodo prémonitoire.

 

PONCTUATION

Après cette entrée en matière intense, PONCTUATION a pris la relève avec un rock bien mature ainsi qu’une toute nouvelle formation musicale. En effet, bien qu’on le retrouve encore sur l’album, Maxime Chiasson a laissé ses baguettes à Maxime Hébert vendredi dernier, tandis que se sont ajoutés le bassiste Emmanuel Ethier et le guitariste Tommy Johnson. Guillaume Chiasson, pour sa part, faisait fidèlement résonner sur ses accords de guitare cette voix au timbre nasillard qui fait son aplomb.

Ce remaniement instrumental en a étonné plus d’un, mais les musiciens, laissant planer dans l’ensemble une atmosphère plus laidback, ont aussi laissé entrevoir à certains moments leur capacité à se donner. D’ailleurs, pour son nouvel album, Mon herbier du monde entier, le duo Guillaume et Maxime Chiasson a savamment tempéré l’énergie brute de leur rock garage avec des notes tantôt plus psychédéliques, tantôt plus surf, ce qui contribue aussi à changer l’atmosphère du groupe. Un mélange bien calibré, qui laisse la part belle aux parties instrumentales.

 

Tout comme VICTIME, PONCTUATION a choisi de ponctuer (oui) son set de pièces déjà connues du public, le tout dans une progression bien calibrée pour nous faire tour à tour danser et écouter plus attentivement. On a notamment pu réentendre Mon corps est une planète ou encore Météo.

Pour ceux qui auraient manqué cette bonne dose de rock ou qui, simplement, aimeraient en refaire l’expérience, les deux groupes se produiront à nouveau ensemble le 16 mars prochain à la Taverne de Saint-Casimir.