Trimbalant ses guitares en sol nord-américain, José Gonzáles avait comme objectif d’enchanter le Grand Théâtre dimanche dernier. Opération que le Suédois a réussi avec brio grâce à ses douces mélodies et son finger-picking hors-pair. Assurant sa première partie, Azniv Korkejian, alias Bedouine, et sa voix gravement réconfortante. Un programme doublement international et hors mandat que je ne pouvais pas rater.

Bedouine

Seule avec ses six cordes, elle offre au public de l’Octave-Crémazie 45 minutes anti-stress. Paisiblement, Korkejian marie ses accords de guitares et sa voix chaude en déclinant son album éponyme. Devant une salle comble confortablement installée et captivée, elle enchaîne les morceaux You Killed Me et Skyline. Sensation de l’indie-folk américain, ses versions guitare-solo suivent une certaine ligne directrice qui colle plutôt bien à sa voix basse. Chants graves certes, mais Ô combien forts par moments. On mentionne au passage ses efforts pour nous baragouiner quelques mots en français. L’artiste nous confie une anecdote selon laquelle un ancien spectateur lui a déjà dit qu’il s’était endormi durant sa prestation. Elle était non pas offusquée, mais presque choyée d’une telle remarque. On peut comprendre cet amateur somnolent, car l’intonation de la grande syrienne est d’un calme déconcertant.

Vive et rythmée, elle augmente la cadence sur Nice & Quiet pour le plaisir de nos oreilles. Elle décrit ensuite ses états d’âme à travers l’introspective Solitary Daughter. 

La poignante Dusty Eyes conclue avec romantisme l’expérience détente offerte par Bedouine.

 

José González

Une Première visite dans la Vieille-Capitale pour ce talentueux guitariste folk qui n’a plus besoin de présentation. «Bonsoir Montréal!» lapsus ou gag? peu importe, ce qui nous intéresse, c’est sa musique. Littéralement troublante, la voix tellement juste de Monsieur Gonzáles nous envoûte instantanément. Hyper tranquille, il alterne les morceaux de ses albums Veneer, In our nature et Vestige & Claws dont le visuel décore l’arrière-scène.

Down The Line, troisième en liste, me marque particulièrement et sort quelque peu du lot. Si vous me permettez (ou pas) la description qui suit, vous comprendrez peut-être la prestance de Gonzáles. Son corps est un mécanisme en parfaite harmonie avec le rythme. Explication? Le pied gauche marque son tempo en conjugaison avec des hochements de tête verticaux, et sa guitare s’avère être la continuation de ses bras. Fait inusité, il nous explique parfois les idées derrière certains morceaux. Pour Abram, les mots-clés sont sleepwalking zombies. L’ambiance des morts-vivants est difficile à entendre, mais bon, bien joué José! Enchaînant avec Leaf Off/The Cave, il ajoute pour la première fois de l’écho à son micro. Avec quelques fautes et fous rires, il offre également un clin d’oeil à Sir Paul avec une reprise de Blackbird. On se réjouit par la suite d’entendre Line of Fire de son groupe Junip.

Malheureusement, toute bonne chose a une fin. Cette fabuleuse chose qu’est un spectacle de José Gonzáles se termine par un rappel triplé et une ovation bien méritée. J’oublie un titre phare, me direz-vous? Eh bien non! Évidemment, il a gardé Heartbeats pour la fin. Nous avons tendance à oublier que ce succès est une reprise du groupe The Knife tellement il se l’approprie à merveille.

Une première mais pas une dernière : c’est ce que je nous/vous souhaite, en croisant les doigts et les orteils!

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