Gaspard Eden nous a entraînés au confluent des arts jeudi dernier : à l’occasion de son vernissage, l’artiste aux multiples visages offrait une performance musicale pour le moins psychédélique.

Accompagné par Alexandre Martel au synthé et vêtu d’habits dignes des prophètes du désert, Eden a rapidement installé une ambiance envoûtante à coup de sitar, d’encens, de cierges et de lumières tamisées. Le spectacle était certes bien captivant, mais la musique faisait surtout la part belle à l’art en se mettant à son service. Comme de fait, l’atmosphère lourde et voluptueuse qui se dégageait du duo semblait donner vie aux œuvres accrochées sur les murs.

Visuellement, l’expérience Gaspard Eden a quelque chose de sucré et de tordu à la fois, de profondément psychédélique en soi. La répétition incessante de motifs et les thèmes qui se communiquent d’un tableau à l’autre nous plongent dans cet univers qui, aidé par l’ambiance, faisait l’effet d’une expérience altérée de la réalité. Un univers fait de chairs qui fondent – trop organiques – de formes géométriques déformant ou stéréotypant l’usuel, de couleurs saturées et répétées, de symboles et de leitmotivs. Difficile, à travers cet ensemble, d’identifier les influences artistiques, qui doivent sans doute passer de l’héraldique médiévale aux figures anonymes de Keith Haring en passant par les profondeurs torturées des préraphaélites.

S’il y a une conclusion à tirer de l’événement qui, pour le moins qu’on puisse dire, a attiré une foule de curieux, c’est bien que Gaspard Eden, tout en décloisonnant les possibilités, se présente comme un tout cohérent à la recherche de sa logique interne.

(Photos : Jacques Boivin)

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