Pierre Kwenders, Le Cercle, 22 septembre 2017

Pierre Kwenders - Photo : Jacques Boivin

Je dois vous confesser ceci… (Presque) jeune Mauricien, je n’ai jamais eu l’occasion d’aller encore au Cercle de Québec. Je le sais, quand on collabore à ecoutedonc.ca, c’est un crime de lèse-majesté. Il a donc fallu donc un événement spécial pour enfin régler ce problème: un spectacle de Pierre Kwenders.  

La salle de spectacle est construite d’une manière que je trouve plutôt brillante; davantage en largeur pour cadrer aux dimensions de la scène. Ainsi, lorsqu’on se retrouve au centre, on a vraiment l’impression que notre vue est complètement immergée dans la prestation. Concernant le spectacle dont le présent article fait l’objet, cet aspect géométrique change complètement la manière de vivre notre soirée. Ce n’est pas pour rien que l’endroit s’appelle Le Cercle – Lab vivant.   

Après ce moment d’émerveillement, un empereur arrive sur scène… Pas nécessairement celui des Bantous, mais celui qui décide du commencement et de la finalité du temps et de l’espace. En trois ans, le personnage scénique de Kwenders a évolué, et pour le mieux. Autant il y a trois ans il était une bête de scène initiant un gros party, autant, en 2017, quelque chose de magique se produit: Le temps était en effet suspendu et l’espace avait été avalé par un univers musical non seulement original et intéressant, mais par un raz-de-marée de plaisir, de professionnalisme, d’émotions et de jambes incapables de ne pas bouger, même pour les moins déliés d’entre nous.

L’auteur-compositeur-interprète a commencé sa prestation avec la pièce WTFU. En entendant les notes, on est supris par la pureté du son de la guitare de Vincent Duhaime Perreault (qui, paraît-il, accompagne Kwenders que depuis deux semaines, à mon grand étonnement) et de la basse d’Olivier Pépin. J’avais quasiment l’impression d’entendre des notes comme s’ils ne sortaient pas d’une console de son, mais plutôt tout droit sorties des cordes, comme si on était juste en face.  

De son côté, la batterie et les percussions électroniques de Philippe Bilodeau apportent des rythmes enlevants et encore plus entraînants qu’en studio. Notons également les consoles électroniques de Pépin qui rendent possibles des effets renforçant l’ambiance ensorcelante. Par exemple, l’assistance a pu entendre des effets de voix qu’on retrouvent sur le dernier album de Kwenders, Makanda – At the End of Space, the Beggining of Time, comme des échos ou de la superposition.  

L’éclairage, très travaillé, contribue également à rendre la soirée magique. Qu’il soit plutôt tamisé pour créer un effet d’intimité pour Rendez-vous ou cinématographique (l’usage de la fumée et des jeux de lumières sont vraiment loin de donner un résultat «quétaine» ou forcé), cet aspect du spectacle, combiné à la vue en largeur, démontre un souci du détail dont certains vétérans devraient prendre note.  

Les chansons, quant à elles, se retrouvent habillées d’une attention particulière dans leur version en spectacle. L’exemple le plus frappant est la dernière présentée: Woods of Solutide. Si en studio on plane, sur scène, on se promène dans le Sahara avec une version blues désertique évoquant Tinariwen.  

Cette soirée va sans doute s’inscrire dans le top 5 des meilleurs spectacles que j’ai vu ces cinq dernières années…

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