Par Caroline Bourbonnais, Anne-Christine Guy et Sébastien Ouellet (collaboration spéciale)

Pour le FME 2017, nous sommes parti-es en trio – le trio de feu! – Sébastien Ouellet, Caroline Bourbonnais et Anne-christine Guy, pour couvrir ce festival incroyable, mini South by Southwest Québecois [oui oui, on le sait, SxS ce n’est pas que de la musique]. L’article qui suit a été écrit à six mains, deux appareils photos et trois cellulaires et vous sera offert en trois parties, puisque le festival est trop gros, intense et magnifique pour raconter en peu de mots !

Jour un

La prémisse

On est arrivé-es les premier-ères à 6h30 au point de départ, une avance dûe à notre bonne nuit de sommeil alors que le reste du monde avait festoyé au pré-FME montréalais. Il y avait trois bus qui partaient de la métropole vers le festival, nous on a pris le meilleur des trois.

[Oui! Bien dit! Bravo! (Ça c’est un compagnon trentenaire de CISM qui s’immisce dans notre chronique.)]

Profitant d’une petite accalmie post dîner, bien assis-es dans la dernière rangée du bus, nous planifions notre fin de semaine. Le FME annonce une programmation de feu cette année et nous avons déjà certains bands dans notre ligne de mire; Duchess Says, Philippe B, A Tribe Called Red, tous les artistes fantastiques qui feront une dernière représentation du show « Desjardins, on l’aimes-tu ! », Laura Sauvage, Saratoga, Barry Paquin Roberge, mon doux saigneur, de la qualité, en veux-tu, en v’là !

Notre arrivée à Rouyn s’est faite dans le froid et l’excitation. Dès le premier moment de notre séjour, on nous accueille avec des verres de bulles pour célébrer le début de ce beau et si loin festival!

Cueillant notre accréditation (et de la pâte à dents) avant d’aller se rincer les yeux à nos hôtels respectifs, notre focus s’installe sur la programmation. Déja la première soirée est prometteuse avec en liste La Bronze, Philippe B,  Fuudge et bien plus.

Du rock et de la douceur

Yeux rincés et faces rafraîchies, on a accouru vers le coeur du FME. Avant de s’en mettre plein les oreilles, comme c’était une première fois au FME pour la section féminine du trio de feu, un petit détour chez Morasse et une visite du downtown s’imposait.

C’est La Bronze qui lance le festival sur la grande scène extérieure surplombant la 7e rue au coeur du festival.  La musicienne enflamme la scène avec son énergie pétillante malgré le froid saisissant et la clarté encore bien présente. En cours de route, Louis-Philippe Gingras est venu chanter en duo « Parc à chiens », c’était beau beau beau ! Lors de ce spectacle, La Bronze a aussi pu réaliser un rêve; faire du bodysurfing ! Cette brève mais intense performance s’est clôturé  avec « Fantastique », une reprise de Stromae, pièce qui avait brisé le web qc il y a maintenant déjà un an.

Nous nous sommes ensuite dirigé-es vers un petit moment de chaleur (autant au sens propre que figuré) à l’Agora des arts, salle fabuleuse qui se trouve dans l’église du centre-ville de Rouyn-Noranda. Nous y avions rendez-vous avec Philippe B accompagné pour l’occasion par Laurence Lafond-Beaulne (Milk and Bone) ainsi que Guido Del Fabbro. Bien que le musicien avait annoncé un spectacle axé sur le nouvel album « La grande nuit vidéo », il a offert au public conquis un large éventail de son répertoire. Chaque pièce était interprétée avec une douce sincérité ponctuée de sympathiques interventions du chanteur. Les arrangements en trio étaient riches et rendaient l’ampleur de certaines pièces enregistrées avec un orchestre.

L’âme et le corps réchauffés, nous étions prêt-es à affronter la nuit quasi glaciale pour voir A Tribe Called Red. Les trois DJ nous ont envoyé des rythmes endiablés sans jamais arrêter, pour le bonheur de la foule qui répondait à tous les up et down tempo de leur set de feu. En plus d’en avoir plein les oreilles, on en a eu plein les yeux avec d’amusantes animations et des danseurs en costumes traditionnels autochtones.

Le cabaret de la dernière chance, une salle alliant bar, spectacle cachet et ambiance, recevait le groupe FUUDGE, quatuor peu connu du trio de feu, mais maintenant sous le charme de leur grunge rock franco incroyable qui offre une prestation sur scène exceptionnelle ! La sonorité loud qui les caractérise particulièrement a fait lever la foule et provoqua le délire dans la salle !

La soirée s’est terminée avec Duchess Says. Bien que la nuit fût déjà très avancée, il y avait une foule assez dense au théâtre du petit Noranda pour assister au spectacle. Pour quelqu’un qui n’aurait jamais vu un spectacle de Duchess Says, il faut savoir que chaque prestation est une expérience particulière et unique. La chanteuse a parfois des airs de poupée maléfique et à d’autres moments de dirigeante de culte. Elle se promène dans la foule et peut parfois faire une peu peur. Ce spectacle était à la hauteur de cette description et il faut dire que tout le groupe était encore en grande forme !

Jour deux : Après le rock, le hip-hop

Vendredi, lendemain d’une longue journée de route, d’un marathon de spectacle, d’une nuit courte et arrosée, le trio de feu était prêt à en prendre encore plus. Nous nous sommes donc lancé-es à l’assaut de la très attendue soirée hip-hop, présentée au Paramount. Nous avons réussi à attraper la fin de Mathew James, artiste local, heureux d’être là pour entamer cette soirée de Rap Queb!

Le second à prendre place sur la scène était Larry Kid. Bien que le répertoire du rappeur soit un peu moins dans nos cordes, on peut dire qu’il était en grande forme et attendu de la foule. Le rappeur a fait plusieurs de ses succès, invitant la foule à chanter avec lui.

Mais voilà qu’ensuite, Eman et Vlooper se pointent sur scène, avec autant d’énergie que de drive pour nous présenter leur nouvel album « La joie (3XL) » qu’ils lançaient en grande première! Faut dire que le trio de feu trippe pas mal sur Alaclair ensemble, c’est donc évident que cet album était grandement attendu. C’est peut-être l’effet FME qui nous biaise, mais WOW! On se le dira, le flow de Eman botte solidement des fesses!

Et s’en ai suivi le clou de la soirée, les non moins plus-en-feu-qu’une-église-en-bois-qui-flambe, les inépuisables, les flamboyants Alaclair Ensemble. On ne se tanne pas, on ne s’est pas tanné-es, on ne se tannera jamais. Leurs prestations sont toujours de la bombe. Il n’en fallait pas plus que commencer par un teaser de « Ça que c’tait » pour être conquis-es. Pis c’tait ça que c’tait.

Jour trois : Rock, doux, rock kitch

L’après-midi de lendemain de hip-hop au soleil avec de la bonne bière et Laura Sauvage? Aie aie aie! Le bonheur, c’est un peu ça! Laura (Viviane de son vrai prénom) a rocké le Gibb à grands coups de nouvelles chansons de son album tout fraichement sorti. Elle nous a aussi étonné-es avec sa bonne “White Trash” en nous rappelant Annie-Claude des Duchess Says, s’aventurant dans la foule (un peu plus calmement, il faut le dire!) avec une fougue peu exploitée avec son autre band, les Hay Babies. Le trio de feu en prendra d’autre avec plaisir!

Laissant notre compatriote assister à un autre des six 5 à 7 du samedi, nous sommes ensuite accourues au show de Saratoga, dans une petite salle de du 34e Régiment de l’armée canadienne; le club Chimo. La place était très bien choisie, la salle étant petite, chaleureuse et bien remplie. Gasse et Chantal s’en sont donné-es à coeur joie, racontant anecdotes et récits de tournée, et nous en ont mis plein les oreilles de chansons originales et de reprises délicieuses, dont une traduction libre de « Another Day in Paradise », popularisée par Phil Collins et une autre, traduite par Michel Louvain, qui donnait dans le tiki hawaïen, kitch à souhait et parfaite à entendre parce qu’improbable !

La soirée s’est terminée avec le spectacle du groupe Barry Paquin Roberge. Vous n’avez jamais vu ou entendu parler de ce band ? N’attendez plus. C’est un INCONTOURNABLE ! Trio de feu (comme nous, mais en vraiment plus hot !) rassemblant des anciens Buddy McNeil et un Deuxluxes comme band de base, il se décline avec des ajouts incroyables comme Jo des Breastfeeders, l’époustouflante Frances des Deuxluxes, Jo Bigras de partout (dont Laura Sauvage !) et Nicolas Beaudoin aux cocos. Leur son rock vintage épate, autant par le son que par le visuel.

Jour quatre : Émotions

Résultat de la fatigue accumulée et la programmation de cette la journée, dimanche a été une journée émotive. Notre marathon de spectacles débute au Parc botanique à fleur d’eau, sous un chapiteau blanc et vert. C’est là que nous attend Antoine Corriveau. Le chanteur, accompagné de tous ses musicien-nes, a joué principalement les pièces de son plus récent album. Le temp gris et légèrement automnal était parfait pour ce répertoire sombre. Nous avons aussi eu la chance d’entendre une nouvelle pièce interprétée pour la première fois devant public. Si nouvelle que même le band ne l’avait encore jamais joué ! On peut dire que Corriveau est entouré d’un orchestre de talent et que la chimie entre les membres du groupe opère et leur permet de faire de belles choses.

De retour dans notre chambre d’hôtel en milieu d’après-midi, nous recevons une notification (sur l’application super efficace du FME !)  annonçant un spectacle surprise de Stéphane Lafleur dans plus ou moins une heure. Le bonheur ! Il faut dire, sans prétention, que Anne-Christine est la fan la plus tenace d’avec pas d’casque en plus. Entassé-es dans la maison Dumulon, ancien magasin général, le public silencieux s’abreuve des paroles de Lafleur et du format acoustique du show surprise. Lafleur a pigé dans l’ensemble du répertoire d’avec pas d’casque en plus de faire des pièces jamais enregistrées à ce jour et des reprises de pièces écrites pour d’autres artistes, tel que Fanny Bloom et les sœurs Boulay. On a même eu droit à une reprise bien sentie de la pièce les moineaux et les loups de Jimmy Hunt. Ce court set inattendu nous a émues et on peut même vous dire que quelques larmes ont été versées.

C’est au bar le Groove que nous nous sommes ensuite pointées pour un 5 à 7 mettant en vedette KROY. Le bar était bondé et la chanteuse était heureuse et touchée de retrouver pour un deuxième soir consécutif un public aussi généreux et ce, malgré quelques clients un peu bruyants qui semblaient plus intéressés par leur pinte de bière que par la musique. Alliant l’électro, la pop et les synthés, KROY vient toucher nos cordes sensibles avec brio.

Le clou de la soirée se déroulait avec beaucoup trop d’artistes fantastiques. Klô Pelgag ouvrait le spectacle de clôture, elle qui un peu moins de 48h avant jouait à Tokyo. Accompagnée de son costume écarlate ainsi que d’un fabuleux chœur, elle a mis la table pour ce qui s’apparentait à une montagne russe d’émotions.

L’apothéose de la montagne russe s’est passée lors du spectacle hommage à Desjardins, « Desjardins, on l’aime-tu! ». Sur scène, interprétant les succès et les moins connues chansons de ce poète cru et lucide natif de Rouyn ; Philippe B., Safia Nolin, Fred Fortin, Émile Bilodeau, Stéphane Lafleur, Bernard Adamus, Saratoga, Klô Pelgag, Philippe Brach, Les sœurs Boulay, Matiu et Yann Perreau. Et souhaitant fort que ça arrive mais sans trop d’espoirs selon les rumeurs en ville, Richard Desjardins est arrivé sur scène pendant les Yankees. La pièce était interprétée par Klô Pelgag et pour l’occasion, accompagnée de Safia Nolin et les sœurs Boulay. C’est la partie chantée par Philippe Brach sur l’album hommage qu’a chanté Desjardins. Puis il nous a offert sa magnifique pièce J’ai couché dans mon char en compagnie de Mélanie et Stéphanie Boulay. Puisque nous n’arriverons jamais à transcrire les émotions qui ont été vécues cette soirée-là (et même à ce moment-là précis!), je vous laisse les imaginer; Desjardins, flanqué au milieu d’une gang à couper le souffle, sur une scène surplombant le lac Kiwanis, la nuit bien étoilée et le public pendu aux lèvres des interprétations se succédant. Encore une fois, plusieurs larmes ont coulé, larme de joie et d’émotions d’un moment magique, d’un lieu grandiose, de la fin d’un festival magistral. Merci FME.