[ALBUM] Philippe B – «La grande nuit vidéo»

La beauté est encore au centre de l’oeuvre de Philippe B. Sur la grande nuit vidéo, son cinquième en mode solo, elle se présente sous plusieurs facettes. D’abord par la richesse des arrangements, jamais pompeux, toujours au service de la chanson. Ensuite par la poésie à la fois simple et foisonnante; une dichotomie maîtrisée habilement par Philippe B. Finalement, il y a ces trois chansons où la voix merveilleuse de Laurence Lafond-Beaulne (une moitié de Milk & Bone) vient surprendre l’auditeur et se marier à l’univers de l’auteur. Le duo le plus incarné est probablement celui pour Rouge-gorge, une magnifique ballade teintée de passion amoureuse qui explose dans un chavirant pont orchestral. Les deux autres: Sortie Exit et Anywhere sont aussi parmi les pièces coup de coeur de l’album.

Philippe B nous fait encore une fois valser entre les guitares et le piano et si les textes sont forts et imagés; mélodiquement, il m’a d’abord semblé faire un peu de surplace. Le sentiment qu’il se meut dans un certain confort s’estompe après quelques écoutes. L’album sonne très « Philippe B » et si un tel constat peut paraître simpliste, il vise plutôt à démontrer qu’on aime Philippe B lorsqu’il nous surprend. Des chansons comme Autoportrait ou La saison de tous les dangers, tout en étant jolies, auraient très bien pu se retrouver sur Ornithologie, la nuit par exemple. Cette continuité aurait pu être la preuve d’un certain confort, mais au fil des écoutes, l’album embrasse une identité bien à elle et on apprécie toutes ces petites subtilités qui ancrent les chansons dans ce disque aux allures de comédie romantico-dramatique.

Dans interurbain Philippe B chante: «Mais tu sais la beauté, se cache un peu partout, il faut l’apprivoisé, qu’elle vienne jusqu’à nous…» Ces paroles résument à merveille le lien qui me lie à cet album. Un album d’amour, profondément humain dans toutes ses maladresses, sa poésie et son imprévisibilité.

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