[ALBUM] Clay and Friends – «Conformopolis»

Ne sait-on jamais quand un courant musical connaitra sa renaissance?

Les esthétiques et les sonorités peuvent varier, mais tous les revivals ont souvent un point en commun : l’enthousiasme. Un courant nait d’un enthousiasme général, une soif d’innover. Lorsque ce courant renait des cendres, ses nouveaux adeptes font également preuve d’enthousiasme, mais aussi de respect envers les traditions et principes établis. Toutefois, un groupe peut aussi bien avoir un côté irrévérencieux, souvent vu comme de la prétention, lorsqu’il puise son inspiration dans le passé.

Tout ça m’amène au nouvel album de Clay and Friends.

À première vue, leur son parait particulièrement éclectique : la bande de Clay n’a pas peur de mélanger tous les ingrédients du garde-manger. Ça goutera drôle, mais ce sera nouveau.

Est-ce que le groupe montréalais prône un certain revival, ou mille à la fois? Oui, il est vrai que Conformopolis saute un peu du coq à l’âne côté genre, mais reste que le projet est résolument original, excitant et moderne. Ce mélange des genres est habile et loin d’être prétentieux. En soi, ce nouveau disque rappelle surtout une époque où les artistes québécois n’avaient pas peur d’expérimenter avec les sonorités électros et exotiques dans leurs chansons (on pense ici à Daniel Bélanger circa Rêver Mieux, à Doba Caracol, à Stefie Shock…). L’histoire ce répète donc ici, en quelque sorte.

Dès la première chanson, l’excellente «TITO» (dont on a déjà parlé ici), on a l’impression d’être dans l’appart’ des musiciens : ça sent drôle, y’a des plantes et des guitares un peu partout, le studio est dans le salon et tous les gypsies jamment en souriant. Ce vibe s’installe dès le début de l’album et ne partira jamais, pour notre plus grand plaisir.

Les paroles sont généralement très imagées et cosmopolites : on a droit à un hymne au spleen urbain (l’excellente «DanS mA CITÉ»), des réflexions de cours de philo («BUDDhA ET MARX») et plusieurs moments d’introspection et de pure poésie.

Musicalement, c’est à l’image de notre métropole multiculturelle : les guitares manouches se frottent au hip hop, au jazz et agrémentent même des bouts de trap, les paroles empruntent aussi bien à l’anglais qu’au français, il y a du piano swing, du reggae au flow effréné… Bref, un beau melting-pot et plusieurs clins d’œil aux grands de chaque style.

Est-ce qu’on s’y perd? Pas du tout. Les chansons forment un tout cohérent et étonnamment accrocheur. Comme quoi il faudrait ajouter «pop» à la liste.

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