Très drôle, Festival d’été, très drôle. Quelqu’un dans l’organisation a eu pitié de mes pieds endoloris et décidé que l’Impérial serait disposé en formule cabaret, hier soir. J’ai donc dû m’assoir toute la soirée. Imaginez qui a mal au derrière. 😉

Alors, hier soir, j’ai vu un grand total de quatre prestations et franchement, une chance que j’ai passé les trois dernières assis, parce que les artistes que j’ai vus ce soir étaient tous aussi renversants qu’ils étaient vrais et généreux.

Comme la journée d’aujourd’hui est passablement remplie, allons-y sans plus tarder avec un compte-rendu des prestations vues hier :

Moriarty : Roots américaine avec un accent français

Moriarty – Photo : Francis Gagnon/FEQ

Lorsque je suis arrivé au Cercle, il y avait déjà plus d’une cinquantaine de personnes qui faisaient la file pour entrer. Pas besoin de vous dire que ça n’a pris que quelques minutes pour que l’endroit se remplisse à ras bord. De toute évidence, de nombreux Français qui connaissaient Moriarty avaient investi l’endroit.

Moriarty, c’est un groupe dont les membres sont originaires de la France, de la Suisse et des États-Unis et dont le folk est teinté des divers courants roots américains (country, bluegrass, blues, etc.)… Leur dernier album, The Missing Room, est paru en 2011.

À part les Français qui étaient déjà fans, je crois que nous étions très nombreux dans ce Cercle bondé à se demander ce que Moriarty nous réservait. Ça n’a pas été long : après une chanson chantée et jouée tous autour d’un seul micro (ce qu’ils affectionnent particulièrement), le public était conquis. La musique du groupe est particulièrement entraînante, même quand le rythme est ralenti.

La chanteuse du groupe, Rosemary Standley, a sûrement beaucoup à voir avec cela. Air coquin, complicité incroyable avec ses partenaires, vaste registre de voix, même si elle se tient dans les aigües, disons qu’on comprend pourquoi ses hommes l’aiment tant. 😉

On a beaucoup aimé Jimmy (qui semble un classique du groupe) et Julie Gold’s Candy Cane Tale. On va beaucoup aimer les revoir. Novembre.

+10 pour l’usage de la guimbarde.

Sophie Hunger : Jamais Bob Dylan n’a eu une aussi belle voix

Sophie Hunger – Photo : Francis Gagnon/FEQ

Vite, on quitte le Cercle à la course pour essayer d’avoir une bonne place à l’Impérial. Tiens, c’est la formule cabaret, ce soir… capacité réduite de moitié! Oh, chic, une table complètement libre à l’avant, c’est ma chance! Je prends place et en réserve une pour mon ami Jean-François, qui est arrivé 5 minutes avant la fermeture des portes, la salle étant pleine.

L’artiste n’était pas là pour nous présenter son matériel, mais pour visiter le répertoire de Bob Dylan. Ce qu’elle a fait dès son arrivée sur scène. Mais quelle visite de répertoire! La chanteuse campait carrément le personnage de Bob Dylan, s’exprimait dans un anglais des plus américains, et elle chantait et jouait comme son idole. Mon ami, qui ne connaissait pas Dylan, a bien apprécié l’entrée en matière. De mon côté, j’ai trouvé l’interprétation parfois un peu trop juste… mais je me demande encore si c’est un reproche.

Hunger est revenue à la fin du spectacle, habillée de manière plus féminine et s’exprimant cette fois-ci en français. En rappel, elle nous a offert une pièce qui figurera sur son prochain album, qu’elle aura enregistré en partie à Montréal avec des musiciens d’ici (qui? quelqu’un lui a demandé?).

Sophie Hunger sera de retour cet automne.

Piers Faccini : Gros, gros coup de coeur.

Piers Faccini – Photo : Francis Gagnon/FEQ

Prenez un gars qui réside en France, mais qui est de mère anglaise et de père italien. Faites-le chanter en anglais. Faites-lui préférer un folk atmosphérique que ne renierait pas Patrick Watson. Laissez-le ajouter des accents orientaux ou africains à sa musique. Vous obtiendrez Piers Faccini, que je ne connaissais pas du tout avant cette prestation, mais qui vient de gagner au moins un fan hier soir.

Dès le début, son entrée à travers la foule, a capella, a su nous captiver. Nos regards étaient figés sur l’auteur-compositeur-interprète, qui était accompagné d’un excellent batteur. À deux, ils ont réussi à remplir l’espace scénique et à nous envoûter.

Faccini a un registre superbe sur le plan vocal. On sentait parfois des pointes de Thom Yorke et de Patrick Watson dans les « ooooh » et les « aaaaaah ». Ses chansons se sont succédées et chacune nous faisait succomber un peu plus.

Pour le rappel, belle surprise : une reprise toute personnelle de Con Toda Palabra, de Lhasa. Une de ses plus belles chansons qui grandit grâce à la touche italienne de Faccini. L’auteur-compositeur-interprète a aussi dit qu’il serait de retour cet automne, lui aussi. Mais ne soyez pas surpris si vous le voyez mardi, lors de la carte blanche à Patrick Watson. Ce sont des potes.

Adam Cohen : (enfin) Confortable dans ses grosses chaussures!

Adam Cohen – Photo : Francis Gagnon/FEQ

Les attentes étaient immenses pour Adam Cohen et ses deux complices, et elles ont été plus que comblées. L’auteur-compositeur-interprète américain a enfin trouvé sa voie et assume pleinement son bagage génétique : le talent lui sort par les oreilles, il a une voix magnifique et une grande culture. Pourquoi ne pas en profiter?

C’est ce qu’il a fait hier soir avec ses deux complices dans un Impérial conquis d’avance. Les pièces du dernier album, l’excellent Like a Man, étaient entrecoupées de chansons du paternel, dont une So Long, Marianne chantée avec la foule qui a touché droit au coeur.

Ce qu’Adam Cohen a réussi, c’est de demeurer lui-même en assumant le lourd héritage qu’il doit porter. Et de communiquer toute la soirée avec la foule dans un français impeccable.

Cohen sera de retour… cet automne!